LE BRETON
Le breton, parlé dans la Bretagne française ou Armorique, est appelé aussi armoricain ou bas breton, par opposition aux parlers de la haute Bretagne, qui ne sont que des variétés de français. Le breton appartient au groupe brittonique des langues celtiques. Il a été introduit en Armorique aux Ve et VIe siècles de notre ère par des émigrants venus de Grande-Bretagne, à la suite des invasions scandinaves. Le breton n'est donc pas un reste de l'ancien idiome gaulois.
Le domaine du breton comprend aujourd'hui la partie occidentale de la péninsule armoricaine : la limite en est à peu près marquée par une ligne qui partirait de Plouha (Côtes d'Armor) pour aboutir à l'embouchure de la Vilaine en passant par Plouagat, Mur, Saint-Allouestre et Elven. Il ne semble pas que cette limite ait beaucoup varié depuis le XIe siècle. Toutefois, le breton s'étendait jadis plus au Sud, dans la presqu'île guérandaise, et jusqu'à l'embouchure de la Loire : il n'en existe plus aujourd'hui qu'un reste en voie d'extinction aux alentours du "Bourg de Batz".
A l'ouest de la limite marquée plus haut, le breton se divise en quatre principaux dialectes, dont l'étendue correspond à peu près à celle des anciens évêchés de Tréguier, Saint-Pol-de-Léon, Quimper et Vannes. Ce sont :
- le trégorrois (ou trécorois) au nord-est,
- le léonard au nord-ouest,
- le cornouaillais au sud-ouest et
- le vannetais au sud-est.
Chacun d'eux comprend d'ailleurs certaines subdivisions. Dans son ensemble, le vannetais se distingue des trois autres dialectes par de nombreuses particularités de prononciation et de grammaire. Le léonard est à certains égards le plus conservateur de tous ; aussi les formes léonardes ont-elles souvent été prises comme norme, notamment dans les travaux lexicographiques et grammaticaux de Le Gonidec.
Néanmoins, il n' y a pas de breton commun, qui soit uniformément parlé et écrit par tous les Bretons. La langue commune de la Bretagne est le français ; et l'influence du français, qui s'exerce notamment dans les villes, sur les côtes et le long des grandes voies de communication, est menaçante pour l'avenir du breton.
En dehors de quelques gloses qui peuvent remonter aux 8e - 9e siècles, et de courtes phrases éparses dans des manuscrits latins du 14e siècle, les plus anciens textes suivis en breton sont des 15e - 16e siècles. Ils comprennent surtout des mystères, en grande partie imitée du français, et des œuvres d'édification.
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