Métonymie

 

La métonymie

La métonymie consiste à prendre le nom d'une chose pour désigner une autre chose à laquelle elle a un rapport connu. On fait des métonymies :

en désignant par un signe distinctif un art, un talent, une profession, une dignité, une autorité, un état : ainsi on dit le pinceau pour le peintre ou pour le talent de peindre, la plume pour l'écrivain ou pour son style, la lyre ou le luth pour le poète, pour le musicien ou pour le génie poétique, les faisceaux pour le consulat, la robe pour la magistrature, l'épée, le casque ou la cuirasse pour la profession militaire, le sceptre, le trône, la couronne ou le diadème pour la royauté, la tiare pour le pontificat, la mitre pour l'épiscopat, les lis pour l'ancienne monarchie française, les léopards pour l'Angleterre, le croissant pour la Turquie, la croix pour le christianisme, le turban pour le mahométisme, l'autel pour le sacerdoce, l'encens pour l'hommage, la palme pour la victoire ou pour le vainqueur, la pourpre pour la souveraineté, la bure pour la pauvreté, les cheveux blancs pour la vieillesse, les fers ou les chaînes pour l'esclavage, l'août ou la canicule pour l'été, la vendange pour l'automne, le bélier pour le mois de mars, le taureau pour le mois d'avril, les jumeaux ou gémeaux pour le mois de mai, etc.

en désignant la cause ou l'instrument pour l'effet, comme quand on dit un soleil pour un jour, une belle main pour une belle écriture, l'échafaud pour le supplice, mériter la corde, pour mériter d'être pendu ; haïr la prison, pour la détention, vivre de son travail, pour du prix de son travail, obtenir sa demande, pour la chose demandée, demander la charité, pour l'aumône, c'est sa volonté, pour la chose qu'il veut, avoir l'oreille fine ou bonne, pour l'ouïe, avoir de bonnes jambes, pour bien marcher, une bonne langue, pour la facilité de parler. De même on indique les différentes facultés de l'âme par les parties du corps auxquelles on les attribue ; ainsi on dit qu'un homme a du cœur, pour du courage, qu'il a de la tête ou de la cervelle, pour du jugement ou de la réflexion.

La construction de ce dernier vers, remarquable d'ailleurs par sa concision, n'est pas régulière ; elle laisse entendre que le crime fait la honte et qu'il ne fait pas l'échafaud, tandis que l'auteur veut dire que c'est le crime et non pas l'échafaud qui fait la honte.

Oreille est pris quelquefois pour attention, compassion, cœur pour amitié, entrailles pour tendresse.

en désignant l'effet pour la cause ou l'instrument. Ainsi on dit la pâleur de la mort ou la pâle mort, les pâles maladies, parce que la mort et les maladies rendent les corps pâles ; l'orgueil du diadème, parce que l'orgueil peut être inspiré par le diadème ou le pouvoir. On dit d'un homme qu'il est la gloire ou la honte de sa famille. Horace appelle Ulysse la ruine, la perte des Troyens.

en désignant la ville ou le lieu pour les habitants. Ainsi l'on dit tout Paris accourut à la première de ce film, pour les Parisiens ; l'Europe se réjouit, pour les Européens ou les habitants de l'Europe.

en désignant par les dieux de la fable les choses de leurs attributions. Ainsi l'on dit Neptune, Thétis ou Amphitrite pour la mer, Mars ou Bellone pour la guerre, Minerve pour la sagesse, pour le bon sens, pour l'industrie, Vénus pour la beauté ou l'amour, Thémis pour la justice, Phébus pour le soleil, Phébé ou Diane pour la lune, Plutus pour la richesse, Pluton pour l'autre monde, Saturne pour le temps, Vulcain pour le feu ou pour l'art de forger, Jupiter pour la nature, Bacchus pour le vin, Cérès pour les blés ou l'agriculture, Cybèle pour la terre, Flore pour le printemps, Pomone pour l'automne, Morphée pour le sommeil, les Parques ou Cloton ou Atropos pour la mort, les Muses pour la littérature, pour les sciences et les arts, pour les vers, Clio pour l'histoire, Melpomène pour la tragédie, Thalie pour la comédie, etc.

1c'est-à-dire d'avoir été roi ou laboureur.

2c'est-à-dire aujourd'hui militaire et demain religieux.

3c'est-à-dire abattit les Turcs et relevât les Français.

4J'ai quitté le barreau pour la profession des armes.

5Et Rome est soumise à la tyrannie.

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Dernière mise à jour de cette rubrique le 02/06/2008