Le normand
Le normand est un des plus importants parlers de la langue d'oïl. Assez voisin du picard, il conserve comme ce dialecte C devant A (CH en français) et transforme inversement C en CH devant E et I. Une des particularités les plus connues du patois normand actuel est la suppression de R final dans la prononciation ; on dit dans les campagnes de la Normandie : la mé, au lieu de la mer ou la mère.
Après la prise de possession de l'Angleterre par Guillaume le conquérant, le dialecte normand s'implanta en Angleterre. Jusqu'au 14ème siècle, la lutte se poursuivit entre les deux langues, lutte d'abord favorable au dialecte français, imposé partout comme langue officielle. Puis, le français perdit peu à peu du terrain et finit par disparaître. Le normand implanté en Angleterre était devenu distinct du normand continental sous l'influence de l'anglo-saxon et du français littéraire. On lui donne le nom d'anglo-normand.
Le normand et l'anglo-normand possèdent une littérature, composée surtout d'ouvrages historiques et didactiques. Citons le bestiaire divin de Guillaume le Clerc de Normandie (1227) ; les poèmes anglo-normands de Geffrei Gaimar sur l'histoire de la Grande-Bretagne (vers 1150), de Maître Wace la geste des Normanz (1174), de Garnier de Pont-Sainte-Maxence sur Thomas Becket (1173), etc. De nos jours, le patois normand a été encore cultivé par quelques poètes.
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