La langue d'oc
L'expression langue d'oc se trouve pour la première fois dans des actes de la chancellerie parisienne de l'extrême fin du 13e siècle, où elle désigne les parlers méridionaux en général.
Si l'on considère un des traits caractéristiques de ces parlers, le maintien du C vélaire devant A (camp, champ), la limite, partant du confluent de la Gironde et de la Dordogne, se dirige vers l'est, en passant par Aurillac et Mende, et s'infléchit vers le sud-est pour franchir le Rhône aux environs d'Orange, et atteindre les Alpes à une cinquantaine de kilomètres de la Méditerranée.
Si l'on prenait comme critère un autre trait non moins caractéristique, la conservation de l'A tonique latin (mar, mer), la limite, partant du même point et laissant au sud tout le plateau central, aboutirait au sud de la Franche-Comté.
Un autre groupe de parlers, intermédiaires entre ceux du nord et ceux du Midi et appelés généralement franco-provençaux, sont caractérisés par l'association de ces deux traits et le changement en IE de A latin contigu à une palatale (chargier). Ce groupe comprend, en France, le Dauphiné, la Savoie, le département de l'Ain et le sud de celui du Jura.
Les dialectes purement méridionaux sont donc le béarnais, le gascon, le catalan (qui s'étend aussi au sud des Pyrénées), le limousin, l'auvergnat, le languedocien et le provençal proprement dit. Ces dialectes n'ont été que très rarement écrits au moyen âge, car ils étaient remplacés, dans l'usage littéraire, par une langue commune, fondée, semble-t-il, sur les parlers du centre du domaine. C'est seulement à partir du 16e siècle qu'ils furent, avec plus ou moins de zèle et de succès, cultivés littérairement. Ils ont fourni au français environ quatre cents mots.
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