Les patois de France
On donne généralement le nom de patois à tout dialecte qui ne possède pas (ou ne possède plus) de littérature écrite. On applique ce mot principalement aux dialectes français. Ceux-ci sont divisés en deux grands groupes : ceux de langue d'oïl, et ceux de langue d'oc.
Chaque patois n'a pas un domaine nettement déterminé : le vocabulaire et même la grammaire d'un patois varient quelquefois d'un village à l'autre. Les grandes divisions dialectales admises par les romanistes correspondent aux provinces de la France féodale. A partir du 11ème siècle, chaque province produisit des œuvres littéraires ; et c'est ainsi que le normand, le picard, le bourguignon, etc. s'élevèrent à la dignité de langue littéraire ; mais chaque localité de la région conservait son patois. La cour royale, ayant son siège à Paris, imposa graduellement le dialecte parisien, variété du francien ou dialecte de l'île-de-France, à l'aristocratie et aux écrivains. Au 12ème siècle, le francien était devenu la langue littéraire de tous les pays de langue d'oïl. Après la guerre des Albigeois et l'annexion du Languedoc, il s'introduisit dans le domaine de la langue d'oc. De nos jours, le wallon est le seul dialecte de langue d'oïl qui essaye de redevenir une langue littéraire, et le provençal ne conserve une littérature que grâce aux efforts de quelques poètes.
Mais, en se substituant aux dialectes, le français reçut d'eux quelques atteintes : les provinces y mêlèrent des tournures et des expressions locales. Il y eut parmi les érudits et les poètes des partisans enthousiastes des patois : tel Jules César Scaliger. Le gascon, grâce à l'entourage du roi béarnais Henri IV, introduisit un certain nombre de mots dans le français de Paris, à la fin du 16ème siècle. Mais Malherbe "dégasconna" la cour, et, pendant le 17ème siècle, les patois tombèrent dans un discrédit complet. Seul La Fontaine semble avoir éprouvé pour eux quelque sympathie. Molière ne se sert des patois que pour en tirer des effets comiques.
La révolution française, constatant que le français était encore inconnu dans toutes les campagnes et même dans quelques villes du Midi de la France, mit à l'étude la question de la destruction complète des patois. Par contre, en 1807, le ministre de l'intérieur adressa à tous les préfets une circulaire où il leur demandait de faire traduire la parabole de l'enfant prodigue dans tous les patois de leur département. Le travail fut continué par la société des antiquaires de France, qui en a publié les résultats dans ses mémoires. Il n'était plus question de la destruction des parlers locaux ; au contraire, les écrivains du 19ème siècle prirent souvent leur défense, tel Paul-Louis Courier, Charles Nodier, etc. Des mots de patois français ou provençaux prirent place dans les romans de Balzac, de George Sand, dans ceux de Ferdinand Fabre, E. Pouvillon, Alphonse Daudet, etc.
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Noms des patois |
Région originaire du patois |
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Angevin |
Anjou |
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Auvergnat |
Auvergne |
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Cauchois |
Pays de Caux (Normandie) |
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Champenois |
Champagne |
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Cornouaillais |
Dialecte breton parlé en Cornouaille. |
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Gallo ou gallot |
Patois français, qui se parle dans les côtes d'Armor et qui se rapproche du patois de la basse Normandie. On dit aussi gallec, qui est le mot employé en breton pour dire français. |
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Gavot |
Dialecte (en provençal gavouto) des gavots, habitants des départements de la Haute Provence. |
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Lyonnais |
Patois parlé à Lyon. |
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