Synecdoque

 

La Synecdoque

La synecdoque consiste à dire la partie pour le tout ou le tout pour la partie, ce qui se fait de plusieurs manières différentes :

La partie agissante ou la qualité distinctive pour indiquer l'individu : ainsi l'on dit souvent une tête ou une âme pour une personne, avoir des bras à sa disposition pour des hommes capables de travailler, mettre le pied chez quelqu'un pour aller chez quelqu'un, renvoyer les bouches inutiles pour les gens qui coûtent à nourrir et qui ne peuvent servir, son sang pour son enfant ou son descendant.

Une partie inhérente pour la chose entière, par exemple, le toit pour la maison, des printemps, des hivers ou des étés pour des années ; à l'époque de la marine à voile, la poupe ou la voile pour le vaisseau. On dit une flotte de cent voiles pour dire de cent vaisseaux, bien qu'un seul vaisseau ait plusieurs voiles.

  • J'accueille cet individu sous mon toit signifiera que je l'accueille à la maison.

  • Sophie a quinze printemps veut dire qu'elle est âgée de quinze ans.

Une chose remarquable et connue pour le pays où elle se trouve, comme le Nil ou les Pyramides pour l'Égypte, le Tibre ou le Capitole pour Rome ou l'Italie, le Sérail ou la Porte pour la Turquie, Paris ou la Seine pour la France, Londres ou Albion1 pour l'Angleterre, le Tage pour l'Espagne.

La matière pour la chose qui en est faite ; ainsi l'on dit l'airain pour le canon, la cloche ou la trompette, le fer ou l'acier pour l'épée ou la hache ou d'autre instrument fait de ces métaux, l'or pour un vase d'or, le pin ou le sapin pour un vaisseau, l'ivoire pour l'objet fait d'ivoire.

La qualité pour la personne ou la chose qualifiée : ainsi l'on dit la magistrature pour les magistrats, la noblesse pour les nobles, la vertu pour l'homme vertueux, l'amitié pour l'ami, l'innocence pour l'innocent, le crime pour le criminel, la jeunesse pour les jeunes gens, la vieillesse pour les vieillards, l'audace des hommes pour les hommes audacieux, la ligue pour les ligueurs, le silence des bois pour le bois silencieux.

Le singulier pour le pluriel : ainsi on dira le Français pour les Français, le Belge pour les Belges, l'Ibère pour les Ibères ou les Espagnols, l'ennemi pour les ennemis, le berger pour les bergers, le roi pour les rois, le pauvre pour les pauvres, le riche pour les riches, etc.

Le pluriel pour le singulier : « Il manque à Campistron, d'ailleurs judicieux et tendre, ces beautés de détail, ces expressions heureuses, qui font l'âme de la poésie et le mérite des Homère, des Virgile, des Tasse, des Milton, des Pope, des Corneille, des Racine, des Boileau. » (Voltaire)

Dans cet exemple les noms au pluriel ne désignent qu'une seule personne et ne sont pas du tout employés par antonomase ; et on doit en prose les écrire sans la marque du pluriel.

Le chef d'une tribu, d'un parti, d'une secte, d'un ordre, pour la tribu, le parti, la secte, l'ordre : Israël pour les israélites, Mahomet pour les mahométans, Calvin pour les calvinistes, etc.

Le terme collectif pour un partitif : ainsi on dit « les historiens parlent de Jean II », pour quelques historiens parlent... « Les poètes disent qu'Hercule descendit aux enfers » pour quelques poètes disent... « Se découvrir devant quelqu'un » pour se découvrir la tête... Les mortels ou les créatures pour signifier les humains seulement... « Pourquoi sommes-nous infidèles ? » pour dire pourquoi quelques-uns de nous sont-ils infidèles, ou pourquoi êtes-vous infidèles ?

1Nom qu'on donnait anciennement aux falaises et rochers du comté du Kent.

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Dernière mise à jour de cette rubrique le 02/06/2008